éfaire le travail du ver pour obtenir un fil. La bave est le fil de soie sécrété par le ver. Ce fil est constitué par deux brins de fibroïne enveloppés d'une matière appelée le grès. Le grès forme une glu qui en séchant colle les deux brins en un fil et les fils entre eux pour former le cocon. La solubilité du grès dans l'eau chaude permet de tirer le fil et de dévider le cocon.
Du milieu du XVIIe siècle, jusqu'au début du XIXe environ, la filature était exercée par le sériciculteur lui même qui filait sa récolte. Les métiers utilisés pour cette opération s'appellent des tours. Un des tours les plus anciennement connus est le tour Piémontais.

Pour commencer l'opération du tirage et saisir le fil continu, il faut enlever la bourre ou frison qui garnit la surface extérieure du cocon. L'opération par laquelle on dégage le frison se nomme le "battage" et celle par laquelle on l'enlève se nomme la "purge".

Tour de Piemont
 

Au stade artisanal pour faire la purge on plonge à l'avance une certaine quantité de cocons dans une bassine d'eau bouillante, on les agite avec un balai en bouleau, bruyère ou chiendent appelé "escoubette". Les cocons suffisamment agités, on retire le balai puis on saisit toutes les baves démêlées et disposées sur le bord de la bassine, et l'on commence immédiatement le tirage des cocons.
Du stade artisanal au stade industriel, toutes ces opérations vont progressivement se mécaniser et puis s'automatiser : chauffage de l'eau des bassines à la vapeur, remplacement de la force motrice humaine, par une force motrice mécanique. L'opération de tirage de la soie s'organise dans de véritables usines occupant un nombre très important d'ouvrières.

Battage du cocon et fileuse
Dévidage des cocons

Dans les nouvelles filatures industrielles, une vingtaine de cocons sont jetés dans une bassine d'eau chaude à 90°, en forme de cuvette, en fer, cuivre ou terre cuite vernissée et sont agités mécaniquement par une brosse en racine de chiendent appelée escoubette
Les couches soyeuses superficielles qui entourent le cocon, soumises à l'action de cette brosse "le battage", se désagrègent et se prennent dans le balai jusqu'à l'apparition du début du fil continu. La bourre "les frisons" sortie donne un amas de filaments enchevêtrés. Les cocons sont disposés sur des plateaux de service et portés à la fileuse. On réunit alors tous les brins en les nouant autour d'un bouton placé sur le bord du plateau, puis ils sont jetés dans une autre bassine d'eau à 45° afin de poursuivre leur dévidage.
Jadis la fileuse filait à un bout, c'est à dire que de sa bassine ne sortait qu'un seul fil de grège. Progressivement elle va filer à 2, 3, 4, 8 bouts. Le fil est disposé au terme de l'opération en écheveaux appelés flottes dont le poids est d'environ 100 grammes (représentant environ 600 cocons). La fileuse produisait alors environ 300 grammes de fil grège par jour, sur flotte.

La filature s'est développée au XIXe siècle dans les mêmes régions que les productions de cocons. Elle était particulièrement abondante dans les Cévennes.
On comptait 600 filatures en France qui comprenaient 7000 bassines batteuses et 30.000 bassines fileuses, lesquelles occupaient 35.000 personnes : une majorité de femmes.


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