Dans
les nouvelles filatures industrielles, une vingtaine
de cocons sont jetés dans une bassine d'eau chaude
à 90°, en forme de cuvette, en fer, cuivre
ou terre cuite vernissée et sont agités
mécaniquement par une brosse en racine de chiendent
appelée escoubette
Les couches soyeuses superficielles qui entourent le
cocon, soumises à l'action de cette brosse "le
battage", se désagrègent et se prennent
dans le balai jusqu'à l'apparition du début
du fil continu. La bourre "les frisons" sortie
donne un amas de filaments enchevêtrés.
Les cocons sont disposés sur des plateaux de
service et portés à la fileuse. On réunit
alors tous les brins en les nouant autour d'un bouton
placé sur le bord du plateau, puis ils sont jetés
dans une autre bassine d'eau à 45° afin de
poursuivre leur dévidage.
Jadis la fileuse filait à un bout, c'est à
dire que de sa bassine ne sortait qu'un seul fil de
grège. Progressivement elle va filer à
2, 3, 4, 8 bouts. Le fil est disposé au terme
de l'opération en écheveaux appelés
flottes dont le poids est d'environ 100 grammes (représentant
environ 600 cocons). La fileuse produisait alors environ
300 grammes de fil grège par jour, sur flotte.
La filature s'est
développée au XIXe siècle
dans les mêmes régions que les productions
de cocons. Elle était particulièrement
abondante dans les Cévennes.
On comptait 600
filatures
en France qui comprenaient 7000 bassines batteuses et
30.000 bassines fileuses, lesquelles occupaient 35.000
personnes : une majorité de femmes.