près s'être arrimés avec des fils de soie par plusieurs points d'attache, les premières portions de bave qui constituent la "blaze" servant d'échafaudage, les vers à soie tissent leur cocon.

La construction se fait de l'extérieur vers l'intérieur. Chaque ver tisse son cocon en tournant sur lui même, décrivant inlassablement un parcours en forme de huit. Pendant deux à trois jours, il va "baver" de 800 à 1500 mètres d'un fil de soie continu constitué par deux brins accolés, sécrétés par ses deux glandes séricigènes. La soie visqueuse à l'intérieur des glandes se solidifie à l'air. Elle est imprégnée d'une sorte de vernis : le grès.

Protégé par son cocon, le ver subit alors une métamorphose durant 15 à 20 jours et de chrysalide se transforme en papillon : le Bombyx du mûrier.

Soumis à un cycle naturel de Lépidoptère, il sort du cocon généralement entre 6 heures et 9 heures du matin. Il brise d'abord sa chrysalide puis secrète ensuite un liquide qui a pour but de ramollir le fil de soie. Ecartant les fibres soyeuses, le papillon sort du cocon tout en se débarrassant de sa chrysalide qui reste à l'intérieur. A la sortie du cocon les papillons sèchent leurs ailes et lissent leurs antennes. Rapidement mâles et femelles s'accouplent pour donner naissance à un nouveau cycle. Le bombyx du mûrier est un papillon nocturne d'un blanc grisâtre, d'aspect peu agréable, domestiqué depuis des millénaires. II a peu à peu perdu la faculté de voler et celle de s'alimenter puisque l'homme ne s'en sert que pour sa reproduction ; aussi sa durée de vie est elle limitée à quelques jours.

Le Bombyx en écartant les fibres soyeuses afin de se libérer, a aussi pour conséquence de tacher et de percer le cocon qui de ce fait devient inutilisable pour la filature. Aussi l'éducateur cinq à six jours après que les vers ont terminé leurs cocons, procède t'-il au décoconnage. Il sort les bruyères chargées de cocons de la magnanerie et ôte ceux ci des rameaux. Cette opération se fait généralement à plusieurs le plus souvent en famille car il faut en plus trier les cocons. La filature n'admet pas les cocons tachés ou percés, les cocons mous ou chiques ; c'est à dire non terminés par l'insecte mort en tissant, les cocons doubles deux vers ou plus dans un même cocon.
De plus il faut enlever la bourre ou blaze qui entoure chaque cocon, constituée par les premiers fils duveteux que le ver a tissé et qui lui ont permis de s'attacher au rameau de bruyère.

Les plus beaux cocons sont sélectionnés pour la reproduction. Les autres sont alors étouffés dans des fours afin de faire périr la chrysalide et de ce fait éviter la sortie du papillon. Seuls les cocons destinés au grainage, à la reproduction, ne sont pas étouffés.
Après accouplement, la femelle est aussitôt posée sur des carrés de tissu sur lesquels elle pond ses œufs ou graines.


du ver au papillon