ors de l'éclosion, les vers de couleur noire, mesurent à peine 2 mm. Ils ont l'aspect de petites chenilles velues. On les dispose alors sur des feuilles fraîchement cueillies et hachées, sur des rayons en planche "le taulier", dans un local chauffé.

Douée d'un appétit considérable, la chenille grossit rapidement. Avant d'atteindre leur plein développe-ment les vers à soie subissent quatre changements de peau appelés mues, maladies ou dormies. Les sériciculteurs disent "mes vers dorment à la première", ce qui signifie que les vers subissent la première mue. Le terme de dormie vient du fait que pendant chaque mue, qui dure 24 heures, le ver reste immobile sans s'alimenter.
Ces mues successives s'expliquent par la croissance démesurée du ver.

De mue en mue, (5 âges) le ver atteint en une trentaine de jours sa taille maximum soit six à huit centimètres et pèse environ 4 à 5 gr, 10.000 fois son poids initial.
Pendant toute l'éducation les vers sont nourris généralement quatre fois par jour. Les feuilles doivent être hachées très menu pendant les 3 premiers âges. Au 4ème âge, on coupe encore, la feuille mais beaucoup moins. Ce n'est qu'au 5ème âge qu'on donne la feuille entière. L'élevage a duré 30 à 40 jours suivant la température qu'on a réussit à maintenir, soit en gros le mois de mai.

Un beau jour, l'appétit des vers va diminuer, ils ne s'alimentent plus, s'agitent en tous sens et cherchent à grimper. L'éducateur sait alors que le moment est venu pour les vers de tisser leur cocon. Avec des rameaux de bruyère, de genêt, de bouleau, de colza, suivant la contrée, il dresse sur les tables superposées des cabanes en forme d'arceaux : c'est l'encabanage. Le corps des vers à soie devient transparent et prend une couleur jaune: la couleur de la soie.
Les vers grimpent alors le long des bruyères et, après beaucoup d'hésitation, choisissent le lieu où ils vont tisser leur cocon.


Le ver à soie